Viré de sa boîte, un drame ou une chance ?

Excellent élément dans son entreprise, son manque de régularité et de sérieux en université ont eu raison de son apprentissage : viré. Eh oui, sécher les cours n’est pas spécialement bien vu…

design informatique

Il fallait s’y attendre : le système a eu raison de lui. Nous l’appellerons J. pour préserver son anonymat ! Alors pourquoi ce billet ? Pour se dire qu’on met parfois en place des écoles de la deuxième chance mais que dans la première partie rien ne justifie de comprendre pourquoi un jeune n’a pas su saisir sa première chance. La sélection est naturelle est éliminatoire, un point c’est tout.

On sèche, parce qu’on ne veut pas se mouiller : dehors

Le 10 avril 2015, l’entreprise dans laquelle J. faisait son apprentissage, en troisième année de licence, l’a licencié ; la faute à quelques cours séchés à l’université. Il est indéniable que les règles n’ont pas été respectées, mais quels efforts a fait l’administration pour comprendre, accompagner, favoriser la réussite. Un diplôme sanctionne une année de cours, sanctionne. Il  n’est pas du tout question de récompense, d’aboutissement, non il s’agit d’une sanction. Et si vous vous égarez parce que vous manquez de maturité, que vous avez l’impression de ne pas correspondre au cursus vous êtes aussi sanctionné, mais un peu plus tôt, de manière impérieuse.

L’apprentissage fait que le temps de cours est compris dans les 35 heures hebdomadaires partagées avec l’entreprise. On peut croire que celle-ci fait un effort mais pas du tout : il y des primes à la clé, il y a exemption de charges et donc il y a accès à une main d’œuvre qualifiée à prix discount. L’université apporte la partie théorique, en théorie d’ailleurs, tant le décalage entre les mondes de l’école et du travail est criant !

Pas de risque, économie toujours

De plus, l’entreprise, pour ne pas avoir de pénalité de rupture de contrat met la pression sur l’étudiant : « Tu acceptes un licenciement à l’amiable sinon on te traduit devant la juridiction prud’homale. » Le choix est vite fait, mais il n’est pas sûr que l’entreprise aurait gagné. Soit, le monde impitoyable du travail a joint sa force brutale à l’université impersonnelle, université dans laquelle il faut déjà avoir le format adéquat pour espérer s’en sortir. « On en voit passer tellement cher monsieur, qu’on ne peut pas s’attarder à chaque individu ! »

Savoir faire ou faire savoir ?

J. n’a pas à être transformé en martyr, il a fauté en ne respectant pas l’engagement initial. Il n’a pas su jouer avec le système : il aurait suffit de faire acte de présence, deux jours par semaine, en faisant autre chose pendant les cours, pour bénéficier d’un contrat jusqu’à son terme. Mais l’esprit de révolte, l’envie de mener sa vie comme bon lui semble emmène chaque jeune au-delà de frontières incomprises. La famille est anéantie, elle a misé sur sa réussite parce que la voie royale pour avoir un job n’est pas la compétence reconnue mais la récompense universitaire. Combien de fois n’avons-nous pas entendu que tel ingénieur avait un bagage de savoir impressionnant mais qu’il ne savait pas quoi en faire, restant sans imagination et ne sachant pas adapter ses connaissances à l’entreprise ?

Toujours est-il que maintenant il faut s’adapter. Attendre septembre pour reprendre une formation ou mette le paquet pour trouver du boulot ? J’oubliais : les études de J. ont comme objet le développement, et en informatique une seule loi : savoir utiliser les langages à sa disposition, être réactif et inventif, pouvoir se remettre en question tant la technologie évolue rapidement. C’est donc sur ces bases qu’on doit maintenant s’appuyer, d’autant qu’il existe, dans ce monde-là du numérique, des entreprises intelligentes qui préfèrent quelqu’un qui code instinctivement plutôt qu’une tête pensante sans autonomie.